Tunisie : les salafistes perturbent plusieurs événements culturels
Le festival d’Al Aqsa a été attaqué dans la nuit de jeudi à vendredi, à Bizerte (Nord du pays) par des militants salafistes armés de sabres et de bâtons, rapporte l’AFP. « Environ 200 personnes affiliées au courant salafiste ont utilisé la violence pour empêcher une manifestation organisée par des associations à l’occasion de la "Journée de Jérusalem" (...) », indique, dans un communiqué, le ministère de l’Intérieur.
Les religieux entendaient protester contre la venue de certains invités arabes, dont Samir Kantar, un militant du Front de libération de la Palestine (FLP), emprisonné en Israël, avant d’être libéré en 2008 dans le cadre d’un échange avec le mouvement libanais chiite Hezbollah.
Trois attaques en trois jours
C’est la troisième offensive du mouvement religieux dans le pays cette semaine. Mercredi soir, un concert de musique sacrée avait en effet dû être annulé. Des militants salafistes avaient bloqué l’accès des artistes à la scène, en début de soirée, en raison de leur confession chiite.
La veille, un événement similaire s’était déroulé dans le Nord du pays. Cette fois, c’était au tour d’un humoriste, Lofti Abdelli et de son spectacle, d’être la cible des islamistes. D’après l’artiste, des religieux seraient arrivés dans la salle de spectacle dans la matinée, y auraient déposé leur tapis de prière et dit qu’ils resteraient toute la journée à prier.
D’après Le Monde, artistes et associations sont inquiets, d’autant que les autorités (et notamment le parti islamiste Ennahda, qui dirige la coalition au pouvoir) semblent faire preuve d’un certain manque de fermeté sur le sujet.
D’ailleurs, le parti islamiste avait été critiqué par les défenseurs des droits de l’Homme pour être à l’origine de projets de loi controversés, comme celui présenté le 2 août à l’Assemblée constituante, qui menace de deux ans de prison toute personne portant atteinte au sacré (le texte codifie très clairement la nature des atteintes, par rapport aux prophètes, aux mosquées...). L’ONG Human Rights Watch avait notamment fait part de son inquiétude pour la liberté d’expression.
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